Le TAIJI QUAN ou l’apprentissage de la lenteur
Le Tai Ji Quan est un art martial, cela semble être une platitude, mais la pratique peut prêter à confusion. La pratique se caractérise par des mouvements lents et souples qui peuvent faire penser à une gymnastique douce. Les gestes harmonieux et souvent circulaires donnent une impression de facilité qui est trompeuse. Le TaiJi Quan que l’on peut traduire par « Boxe du Faîte Suprême », est un art martial interne.
Il faut préciser que dans la culture chinoise la force n’existe pas sans souplesse, mais cette idée générale a un sens encore plus précis dans le TaiJi où la force vient de la souplesse. Il est d’ailleurs difficile à des pratiquants d’autres arts martiaux qui débutent cette discipline d’arriver a dégager la force physique; d’autant que l’absence de force ne signifie pas l’absence d’intention.
Chaque technique a une application concrète en combat, c’est le sens réel du geste, sa signification. C’est elle qui donne une intention dans le mouvement, le Yi, mais il s’agit d’une conscience du corps, jamais d’une réflexion. Ce n’est pas non plus une intention seulement tournée vers sa finalité, le coup, car tout le geste doit être conscient. Ce qui veut dire que les gestes sont pensés du début jusqu’à leur fin. De même l’intention n’est pas l’expression d’un affect, car l’esprit demeure neutre, aussi détendu que le corps.
Comme dans les autres arts martiaux internes les techniques ont plusieurs dimensions: une dimension martiale évoquée précédemment, une dimension énergétique, qui est au cœur d’un art interne et une dimension de santé. Enfin, une certaine esthétique peut se dégager lorsque ces trois dimensions sont liées. La dimension esthétique n’est pas un but en soi mais plutôt un effet induit d’une bonne pratique. De la stabilité et de la force se dégage une impression d’harmonie; un sentiment de beauté, de plénitude, reflet de l’efficacité.
La dimension énergétique concerne la circulation du Qi dans le corps selon les différentes techniques et à plus long terme de son accumulation. Le travail du Qi est essentiel pour l’acquisition de cette force dégagée de toute tension, c’est elle qui apporte une sensation de bien être et qui renforce le corps. C’est pourquoi le TaiJi est aussi appelé « art de longue vie » pour ses effets positifs sur la santé.
Le TaiJi Quan est un art martial ancien puisque ses origines attestées en terme de généalogies remontent au XVI ème siècle, mais la pratique semble bien plus ancienne. Le Tai Ji Quan s’est divisé en plusieurs courants au cours de son évolution. Le style Chen, le style Yang et le style Wu sont les trois courants principaux et sont enseignés au CAMC.