Objectif de la discipline
Le qi gong est une discipline de santé et de bien-être. L’idée de base est qu’en faisant des mouvements assez simples, le pratiquant assouplit et renforce son corps. Comme ces mouvements sont coordonnés avec la respiration ou des exercices d’imagination ce travail du corps apporte aussi la détente de l’esprit et son affermissement. La pratique du qi gong est donc ouverte à tous car elle ne requiert ni capacité physique, ni spéculation intellectuelle.
On a parfois parlé de « Yoga chinois » pour qualifier le qi gong et l’expression a un certain sens car les objectifs initiaux des deux disciplines sont très semblables. On peut aussi reconnaître, sans vexer l’orgueil national chinois (assez tatillon par ailleurs) que beaucoup d’emprunts dans la spiritualité et les arts martiaux ont été faits à l’Inde. Le qi gong se distingue sans doute par une certaine douceur et une rondeur des mouvements. On recherche moins à dominer le corps qu’à l’apprivoiser. C’est pourquoi les mouvements se font sans trop de force; ce sont parfois de tout petits mouvements, assez lents pour avoir le temps d’imaginer, de se caler sur la respiration. En fait le qi gong est tout simplement révélateur de l’antique culture chinoise qui se méfie des excès et trouve la saveur dans les nuances…qui s’éloigne un peu du spirituel et de l’absolu pour se rattacher à la médecine chinoise et au bien-être.
La « pratique de l’énergie » (qi gong) repose essentiellement sur la circulation de l’énergie en utilisant des réseaux appelés les méridiens (les douze méridiens d’acupuncture classiques et huit autres méridiens dits « curieux »). Il faut distinguer deux objectifs dans la pratique même s’ils sont complémentaires; la circulation de l’énergie qui est la première étape du travail et l’accumulation d’énergie qui en est un approfondissement. Dans le même sens il faut considérer les sensations que l’on a en pratiquant (picotements, chaleur, pesanteur…) comme un guide et non comme un but. Certains pratiquants ont peu de sensations (parfois pas du tout au début) mais cela ne signifie pas que le travail du qi n’est pas efficace. L’efficacité de la pratique se perçoit d’abord par des signes concret comme un meilleur sommeil, le fait de tomber moins malade (surtout l’hiver), être moins fatigué, moins irritable… Et pourquoi pas carrément de bonne humeur et plein de tonus?
Un mot sur les origines
L’histoire du qi gong est à la fois récente et ancienne. Récente car ce terme générique est apparu au XXème siècle. Des pratiquants d’arts martiaux ont dissocié des exercices de renforcement du corps ou de méditation qui faisaient partie de leur pratique martiale pour les enseigner indépendamment. Malgré les doutes de nombreux maîtres d’arts martiaux au départ, la pratique du qi gong a donné de bons résultats thérapeutiques et s’est rapidement développée.
Mais toutes les pratiques qui ont donné le qi gong (assouplissements, manipulations, techniques respiratoires et de méditation) sont bien plus anciennes et il est presque impossible de les dater ou d’en démêler les origines. En Chine elles semblent provenir de pratiques thérapeutiques archaïques comme les DaoYin et les Tuina, qui ne sont pas à proprement parler du qi gong. Pourtant des médecins chinois ont rapidement perçu les conséquences bénéfiques de mouvements extérieurs sur l’intérieur du corps et ont établi des correspondances entre certains mouvements et certains organes. Ces recherches sont allées de pair avec le développement et l’inspiration de la pensée médicale chinoise.
On peut signaler d’autres origines des pratiques méditatives qui trouvent leurs sources dans le Taoïsme ou le Bouddhisme. Même si les centres d’intérêts des deux spiritualités sont assez différents les emprunts réciproques ont été très importants, aussi bien d’un point de vue conceptuel que pour les techniques respiratoires et énergétiques, ou les exercices de visualisation et de mentalisation.
Les exercices de ce qu’on appelle aujourd’hui le Qi Gong sont donc extrêmement nombreux de par ces origines diverses. Elles ont par ailleurs influencées de nombreux maîtres de Kung Fu ou de Tai Ji qui ont développé des qi gong propres à leurs styles (Mi Zong Qi Gong, Tang Lang Qi Gong, …).