Les origines du Xing Yi Quan sont aussi limpides que celles des différents autres styles : un ermite…dans une montagne… Toutefois le style semble remonter au moins à la première partie du XVIIème siècle avec le nom de Ji LongFeng, sur lequel tous les courants du XingYi s’accordent. Le personnage est connu comme expert de Kung-Fu, même si les caractéristiques réelles de sa pratique nous échappent. On peut tout de même se faire une idée car les trois courants qui émergent au XVIII ème siècle possèdent de nombreux points communs.
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| Maître Ji Long Feng |
Les Trois grands courants
L’école du SHANXI : L’école du SHANXI, qui existe encore, descendrait directement de l’enseignement de Ji Longfeng; c’est elle qui se serait scindée en deux branches.
L’école du HENAN : On désigne le Maître Ma Xueli (1715-1790) comme étant le fondateur du style musulman de l’école du Henan. Il se fonde sur dix techniques zoomorphes et se distingue par l’importance accordée à l’emploi des épaules, hanches, coudes, genoux et tête dans le combat. Son descendant le plus connu est sans doute Lu SongGao (cf. l’article sur le Xin Yi Liu He Quan) qui s’installa à Shanghaï, où il acquit une grande réputation; il fût le premier à diffuser ce style aux non-musulmans.
L’école du HEBEI : Cette école obtint une grande renommée pour la formation de gardes du corps destinés à la protection de personnalités ou à l’escorte de caravanes sur la route de la soie. Au 19e siècle, émerge une importante figure, celle de l’expert Guo YunShen, réputé pour sa très grande force et sa parfaite maîtrise de l’art ; il aurait fait de la prison pour avoir tué un adversaire (lui aussi…) en combat singulier.
De ce jour, il avait pris l’habitude de ne pas frapper directement, mais d’interposer son autre main entre son poing et le corps de son adversaire pour amortir le coup.Contemporain du célèbre Dong Hai Chuan, fondateur du Bagua Zhang, il voulut éprouver la réputation dont celui-ci jouissait et lui lança un défi public. La Tradition a conservé de ce combat épique le souvenir d’un affrontement de trois jours à l’issue duquel, n’ayant pu se départager, les deux maîtres décidèrent de devenir amis. De ce jour, les élèves de Bagua Zhang et de Xing Yi pratiquèrent ensemble, chacun des maîtres enseignant sa technique aux élèves de l’autre. Aujourd’hui encore, la plupart des pratiquants de BaGua font aussi du Xing Yi à moins que ce ne soit le contraire.
Caractéristiques techniques du Xing yi quan du Hebei
Toutes les écoles de Xing Yi Quan possèdent des caractéristiques communes évidentes. La position de base (san ti she) que l’on retrouve dans le déplacement est spécifique. Le poids repose principalement sur la jambe arrière au début de l’action ainsi qu’à la fin. c’est de celle-ci que part toute la force du corps qui se projette dans le poing, pour revenir à la position initiale. Le pratiquant peut donc enchaîner continuellement ses coups sur place, en avançant ou en reculant. Les attaques sont toujours linéaires, mais le pratiquant peut changer sa direction à tout moment par une rotation de l’axe du corps qui part de la cheville et surtout des hanches. Dans la position de base comme dans les attaques les principes du Liu He (six harmonies) doivent être respectés pour mobiliser la force interne de façon explosive (fa jing).
Les techniques de poing sont très nombreuses mais tout étudiant de Xingyi commence par les cinq mouvements fondamentaux, Wuxing (cinq formes), ou Wuquan (cinq poings). Ces mouvements font référence aux cinq éléments de l’alchimie taoïste: Bengquan (bois), Piquan (métal), Hengquan (terre), Paoquan (feu), Zuanquan (eau).
L’objectif est de pouvoir varier et enchaîner indéfiniment les coups sans perdre sa stabilité, c’est à dire en conservant l’énergie interne. Tous les mouvements comportent une ouverture et une fermeture, et tout le corps participe au mouvement; à l’impact, le corps fermé, se contracte. Avec des mouvements assez différents, les principes sont restés identiques à ceux du Xin Yi Liu he.
