Le Tang Lang Quan

Le Tang lang quan est un style animalier représentatif de la manière de penser propre aux arts martiaux chinois. L’observation et l’analyse des animaux et de la nature, de leurs aptitudes au combat peur être adapté par l’homme.

Les récits sur l’origine du Tang lang quan sont nombreux et tous plus ou moins légendaires, mais ils attribuent tous l’origine de ce style à un certain Wang lang. Dans l’une de ces histoires, le jeune homme intègre un oratoire bouddhiste, un petit lieu de prière dépendant du monastère de Shaolin. Le jeune novice s’attache au moine responsable du lieu qui est un bon pratiquant  de Kung Fu. Wang Lang ayant également des aptitudes martiales s’entraîne avec son maître qui le défait régulièrement. Désavantagé par sa petite taille et sa constitution fragile, il ne parvint jamais à acquérir une réelle efficacité.

WangLang

Après quelques années son enseignant lui confie la garde de l’oratoire pour partir à la recherche d’autres maîtres et approfondir son Kung Fu. Mais un jour en balayant la salle de prière il entend des bruits stridents qui éveillent sa curiosité; il assiste alors à une bataille entre un cigale et une mante religieuse, qui prend rapidement le dessus et tue malgré sa taille imposante. De ses observations il adapte ses mouvements pour le combat établissant la genèse du système Tang lang quan. L’utilisation du coude, de l’avant bras, du poignet et des doigts reproduisant la forme des pattes de la mante religieuse lui permet une suprenante rapidité d’exécution et de multiples saisies. C’est ainsi qu’au bout de trois ans son maître revint fort de son expérience acquise au cours de son périple, mais il fut surpris d’être défait ou du moins dans l’incapacité d’effectuer ses techniques. les deux amis décident de developper ce

nouveau style enrichi des techniques glanées par le moine.Cependant, malgré l’efficacité des techniques de bras rapides et élaborées, Wang Lang était insatisfait du mode de déplacement. C’est pour cela qu’il y incorpora les déplacements rapides du singe, établissant ainsi le style du Tang lang Quan. On dit même que les deux compères firent amener des singes (probablement des gibbons pour leur longs bras) pour tester leurs techniques. L’histoire ne dit pas qui sortit victorieux de la cage, mais une prudence élémentaire nous fait parier sur l’animal. Quoi qu’il en soit le Tang Lang sortit enrichi de ces expériences zoologiques car le style possédait l’essentiel de ses caractéristiques.

Quand Wang Lang codifia son style, il utilisa aussi les connaissances que son ami et lui avaient acquises par l’étude d’autres méthodes de Kung-Fu. L’emprunt des différentes techniques est assez difficile à établir mais la tradition a conservé l’idée de douze principes (shi er zi jue ou shi er gong) que nous pouvons retrouver aujourd’hui encore dans tous les styles, bien qu’interprétés de façons différentes. Il semble d’ailleurs que le style se soit divisé en plusieures branches dès la deuxième génération.

On peut globalement classer ces branches en deux grandes catégories :

- Les écoles de mante religieuse dites « style dur » (Ing tanglang) qui sont plus rapides: 7 étoiles (qi xing), fleur de prunier (mei hua), huits pas (ba pu), porte secrète (mi men) et anneau de jade (yu-huan).

Les styles Qi Xing tang Lang contiennent des déplacements rapides comme ceux du singe, des distances de combat et de frappe en distance longue et courte. Ils sont puissants sans être tendus, souples sans être mous, rapides et précis, fermes sans être immobiles. C’est ainsi qu’à la fin de la dynastie des Qing, Chun Hua Lung apporta des innovations en travaillant sur le déplacement, afin que les adversaires se trouvent plus près l’un de l’autre, et créa ainsi le système des huit pas « ba pu », par opposition au système des sept étoiles pratiqué jusque là. Le pratiquant est, pour ainsi dire, collé à son adversaire, qui n’a plus d’espace vital. Une des caractéristiques essentielles du Tang lang est d’enchaîner sans cesse les attaques pour asphyxier l’adversaire. Un point de départ du Qi Xing Tang-Lang était d’arriver à pouvoir faire passer une énergie tout en exécutant cinq coups. On appelle cela « ren wuh chuei : « d’un souffle s’élèvent cinq fleurs de prunier » d’où l’élaboration du Mei Hua.

- Les écoles de la mante religieuse dite « souple » (jou tanglang): 6 harmonies (liu he) , main du fouet (suai shou) et même un Tai Ji Tang Lang qui est de création plus récente.

Le style dit des « six harmonies » (Liu He) est attribué à un certain Wei San qui voulu développer une pratique plus interne. Pour cela il fit abstraction des exercices de renforcement pour privilégier l’intention (Yi). La pratique est souple et détendue, il est important de faire des mouvements continus sans briser le geste pour que le corps travaille en harmonie. Le coeur avec la pensée, la pensée avec l’énergie, l’énergie avec la force du mouvement, c’est l’union des tois internes.

« L’adversaire ne sait pas où je veux aller et je ne sais pas avec quoi je vais frapper… »