Le Xin Yi Liu He Quan

Courant des 10 animaux du Henan

Il y a de nombreux styles d’arts martiaux en Chine. A travers l’histoire ils ont été utilisés pour résister à l’ennemi, pour protéger le pays, et la famille et pour garder la santé. Le Xin Yi liu He Quan fait partie des meilleurs styles traditionnels du Wushu chinois. C’est un art martial qui c’est développé au sein de la communauté musulmane des Hui. Le Xin Yi Liu He Quan, de même que le Cha Quan et le Qi Shi Quan étaient des boxes qui devaient protéger les musulmans de Chine. Pendant plus de deux cents ans le style fut gardé secret et transmit à seulement très peu de pratiquants musulmans. Ce n'est qu'au début du XX siècle sous les Han que le style fut découvert.


Maître Lu Song Gao

Histoire du style

L’histoire récente du Xin Yi Liu He Quan n’est pas très claire.

Selon la « Préface de la Boxe des Six Harmonies » (Liu He Quan Xu), écrit en 1750 et Dai Long Bang, qui a écrit La Chronique du Xin Yi la 50e année de Chien Long (1786), le style aurait été crée par Yu Fei (Yue Wu Mu Wang). Toutefois, ceci est admis comme faisant partie de la légende.

On reconnaît également Ji Longfeng, un officier militaire de haut rang, qui vécut il y a environ trois cents ans à la fin de la dynastie des Ming , comme un personnage important de l’histoire de ce style. Il aurait créé ce style particulier en lui accordant la violence prépondérante des animaux lors d'affrontements, à partir du livre classique de boxe chinoise de Wu Mu Wang (Yue Fei). Il y incorpora des techniques martiales externes et enfin utilisa pour régir le principe interne de son art la théorie des « Cinq Eléments » (Wou Hing) (lesquels se détruisent et se créent mutuellement). Il aurait ainsi élaboré des exercices répétitifs, et finalement créa son propre style.

Plus tard, Ma Xue Li hérita du Xin Yi Liu He Quan, c'est ainsi que la branche du Henan (Henan Pai) émergea. A la même époque naquit la branche du Shanxi, appelée Zhong Nan Pai, avec pour figure emblématique Dai Long Bang. Ma Xue Li maîtrisa Le Xin Yi Liu He Quan et le transmis dans l'ethnie Hui de Luoyang pendant une longue période. De ce fait le style resta dans un cercle fermé pendant très longtemps et demeura méconnu. Ce style connut cependant un grand essor après que Ma Xue li l'ait transmis à Zhang Zhi Cheng de Nanyang.

Au XX siècle, Maître Lu Song’gao, de Zhou Jia Kou dans le Henan, était un élève brillant de Mai Zhuang Du. Il étudia à l’école de Yuan Feng Yi et devint héritier du Xin Yi Liu He Quan. Il était extrêmement habile dans les « Dix Grandes Formes » (Shi Da Xing). Il l'enseigna à Shanghai et y mourut plus tard en 1962. Par la suite, son fils, Lu Shao Jun, pris la relève, en apprenant le kung fu avec son père depuis sa plus jeune enfance. A la mort de son père en 1962, il fut désigné pour perpétuer l'enseignement de ce style et maintenir vivante la tradition du Xin Yi Liu He Quan au sein de la communauté musulmane de Shanghaï, la ville qui a permis la diffusion de ce style dans le monde entier. C’est auprès de cette famille, et plus précisément auprès de Maître Lu Shao Jun que maître Jung appris le Xin Yi Liu He Quan. Lors de 2 voyages successifs en Chine, l‘un en 1994, l’autre en 2000. Lors de ces voyages certains élèves de Maître Jung ont pu pratiquer directement auprès de Maître Lu Shao Jun, ce qui fut pour eux une expérience inoubliable de part sa gentillesse mais également de par son imposant niveau martial.


Les élèves du Wu Guan à la mosquée de Shanghai
Au centre de gauche à droite:
Me Wang Mu Yin, Me Jung Yung Hwan, Me Lu Shao Jun, Me Pei Xi Rong

Spécificité du styLe Xin Yi Liu He Quan

Le Xin Yi Liu He Quan est aussi appelé Le Xin Yi Liu He Quan sacré (Sheng Xing Xin Yi Liu He Quan) à cause de son lien avec l'ethnie Hui d'obédience mulsumane. Ici sacré signifie sage au sens religieux du terme. C'est-à-dire que la pensée contrôle les mouvements du corps, et les mouvements du corps contrôlent la pensée. Plus simplement, on nomme généralement ce style Xin Yi Quan. Il était aussi désigné par le nom Xin Yi Chui (« Combinaison Du Corps Et De Son Utilisation ») car durant la pratique, les mouvements d'ouverture sont lisibles, puissants et frappés lourdement de toute la surface plantaire (Quan Jiao). Comme les manuels d'arts martiaux le disent : « marteler (Chui) comme un coup de tonnerre ou comme une tempête ». Basé sur une pratique difficile durant une longue période, ce style crée ainsi une certaine agilité dans les attaques pénétrantes et aussi une très grande puissance et rend le corps dur comme le fer. Ses caractéristiques essentielles sont vitesse et sauvagerie, atrocité et rapidité, mouvements simples et esprit pratique.

Il est ardu de vraiment maîtriser ce style mais qui arrive à en maîtriser toutes les subtilités de celui-ci, devient extrêmement puissant. Le Xin Yi Liu He Quan de Luoyang utilise les formes animales du « Dragon » (Long Xing), « le Tigre » (Hu Xing), « le Singe » (Hou Xing), « le Cheval » (Ma Xing), « le Coq » (Ji Xing), « l’Hirondelle » (Yan Xing), « le Faucon » (Yao Xing), « le Serpent » (She Xing), « l’Aigle » (Ying Xing) et « l’Ours » (Xiong Xing) comme techniques principales.


Me Jung Yung-Hwan dans une position fondamentale du Xin Yi Liu He Quan.

Ce style particulier est composé de trois parties. La première nommée Ding Shen Gong est principalement dirigée sur le travail de la dureté. La deuxième appelée Xuan Miao Gong, autrement dit « Le Travail Mystérieux », est axée sur le travail de la souplesse. Et finalement la troisième partie consiste en un certain nombre de Gong Fa (augmentation de la force) visant à augmenter, à améliorer certaines capacités au travers des exercices respiratoires et d'exercices sur les organes internes (Nei Gong). Tout cela constitue un style complet couplant dureté et souplesse.





Maître Lu Shao Jun

Pendant la pratique le corps doit répondre aux exigences suivantes :

I. « Les Six Formules » (Liu Shi)

1. « Les Jambes du Coq » (Ji Tui)

2. « Le Corps du Dragon » (Long Shen)

3. « Les Epaules de l'Ours » (Xiong Bang)

4. « Le Tigre Embrassant la Tête » (Hu Ba Tou)

5. « Saisir Comme l'Aigle » (Ying Zhuo)

6. « Le Cri du Tonnerre » (Lei Sheng)

II. « Les Six Coordinations » (Liu He)

• « Les Trois Coordinations Internes » (Nei San He)

1. Coordination du coeur et de la pensée

2. Coordination de la pensée et du Qi

3. Coordination du Qi et de la puissance

• « Les Trois Coordinations Externes » (Wai San He)

1. Coordination des mains et des pieds

2. Coordination des coudes et des genoux

3. Coordination des épaules et des hanches

Pendant la pratique, c'est l'union (l'harmonisation) des «Six Coordinations internes et externes » (Nei San He et Wai San He) qui permet de créer l'énergie (Jing). Les techniques doivent être exécutées en respectant strictement ce que les livres disent : « La main qui se dresse ne doit pas dépasser le niveau des sourcils, le pied qui se lève ne doit pas dépasser le niveau du genou, contracter le corps et ensuite se lever, étant levé, il faut ensuite accumuler ». La réception est comme une plante vivante, enracinée comme le mont Tai. Accumulation et extension, mobilité et immobilité sont acquises que si les mouvements de mains et de pieds sont exécutés avec la combinaison de l'esprit (Shen) et de la forme (Xing), et finalement lorsque la pensée dirige le Qi et lorsque le Qi fait sortir la puissance.

Propos recueillis par Mathias Blandin.

L'enseignement au Wuguan :

1) Henan Xin Yi Liu He Quan
Boxe du Coeur et de l'Intention des 6 Harmonies

A) Shi Da Xing (« 10 Grands Animaux »)

1) « Le Dragon » (Long Xing)
2) « Le Tigre » (Hu Xing)
3) « Le Coq » (Ji Xing)
4) « Le Cheval » (Ma Xing)
5) « Le Singe » (Hou Xing)
6) « L’Hirondelle » (Yan Xing)
7) « Le Faucon » (Yao Xing)
8) « Le Serpent » (She Xing)
9) « L’Ours » (Xiong Xing)
10) « L’Aigle » (Ying Xing)

B) Taolu (les formes)

Qi Shi Quan
Si Ba Chul
Shao Lin Xin Yi Ba....


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